Limbes masculines est un huis-clos qui débute calmement avant de s’embraser au son des hurlements et des cris de la frustration.
Un
Un faiseur de rêves travaille sans cesse sans égo sans stressIl met en placeDonne de son temps sans pouvoir le maîtriserNe compte plus centimes et sentimentsIl devient ses propres idéesGermes etJeunes pousses
arroseEt récolte
Deux et trois
L’espace est ailleurs
pour se retrouver à trois
Douce nuit d’été qui les a précédésPeu de sommeil pas de pluieUne attente lente
Une rencontre sèche
Excitante et fatiguée
Au milieu du tempsDeux hommes se découvrent en pudeur à mesure que leurs notes s’entremêlent
EnsembleLeur sexe pleinLes idées planent
et dans la pièce des étangs de couleur plongent
TensionsHiCuriositéHaApprendre
RésoudreOhHarmoniserMmhComprendre
Trois et quatre
Un réveil électriqueLorsque le silence s’anime
un retour bref à la réalitéDes regards fiers qui fuient
Des muscles qui se tendentUne harmonie perdue
Par des mots qui nous fixent droit dans les yeux
Un blabla bliblouUne rivière grammaticale diluée
dans les yeux troubles de la peurDu manqueDe vouloir à nouveau jouirDe se comprendre sur l’autre riveSans règlesSans académieNi du passé glorieux de nos aïeuls quiNous hante par leur histoire quiNous colle à la peau etExprimer comme euxDes expressions parCœurMollesPrétentieuses
Puis quatre individusInactifs posés sur des chaises plastiquesUne canette à la mainCourir à la recherche de l’ivressePerdue d’avoir été les trois connectésAilleurs proche de l’absolueBeautéPuis des questions des réponses sans fin ni butVie chiante à mourir deboutAssisTabac rouléInspirer vite que la tête tourne que de nouvelles idées viennent et croire que nous pourrons les réaliser mais ellesMeurentToutesElles n’auront jamais deVisageOdeurIdentité à mesure que la boissonCoule le fœtus se noieLaissant derrière luiEspoirVivreExister
L’alarme à l’œil
Quatre, cinq, six
Au lendemain moyenNous serons sixHeureux ouiÀ monter machines et gros amplisAmis qui se retrouventAmour qui s’approuveBarbe et jetons insérésEnfin nous pouvons commencer
Bruits mécaniques et torsions de languesInstruments étrangesTuyauxArrosoirsCasseroles et guitareSprayDoigts mouillésSalive gluante et des odeurs métallurgiques
Ôde à la libertéCrisTranseAppartementAppartenance des envies qui rôdentDes énergies décuplées par le soin de chacun de vouloir renaîtreÀ vifChair à poilSans loi
Miroir miroirRévèle-nous haut son aux voixSombre-nous du chaos aux scintillement du cielFines lignes rouges que personne ne touche de toiles et d’étoilesJolies presque Paradis
Mais le temps passe et pour beaucoupLes pauses s’imposent et à nouveau les mots s’exposent
Une vague deJe saisUne invasion de j’ai vuMoiMoiMoiJ’ai fait et puisJe connaisJe suis oui bébéTu as raison au milieuD’alcoolDe mégots souillésDe confrontations et d’envie que ça dérapeDe je vais te montrerDe rancœurs qui refont surfaceDe mélange de tristesse gommée en apparence trompeuse d’un garçonAgressif qui a étéTenuSans courageLâche d’êtreCamouflé dans ce corps d’adulteTrépidant de luxeBlancDe queuesDe culs qu’on écouteEncoreTu es produit de ta paresseVictime est tonCommerce
Un espace à haute tensionArrêté dans le tempsLe temps de ralentirDe courant en proieÀ s’éteindreDe lumière floueDe précipicesEt de trous noirsD’horizons blancs
De mots qui ont disparusDe jalousie etDes sentiments perdusDe testostérones qui s’accumulentD’hommes qui se sententSe ressemblentParfois mais pasToujoursUn groupuscule qui se comprend peuQui parle de rienEt exprime toutOuParle de toutEt n’exprime rien
L’enfer c’est les autresQui nous rappelleQui nous sommesCertains saventD’autres sabottentTant qu’à perdreTombons ensembleIls s’abandonnentCreusent à leur propre sortHaine différéeIncompriseMaladroiteLe rythme bat au son des chaînes que nous brisonsD’entre nous et d’entre nos pèresLa honte de reproduire des gestesDes palabres et desCons
Sommes-nous entre deux mondesLibérésD’être coupablesD’avoir dûÊtre chevaliers
Sans chevauxSans épéeSans quêteLa rose au cœurL’épine dans le crâneLes poumons perforésMinus minable
en chien
Faux fiersPour ne pas se faire dégommer par nos frères à dents longuesQui craignent toujoursLe retour des
Flammes
Autant volatiles qu’une attitude d’intimidation
Hommes blancs àSang s’est propagéPlus loin qu’une couleur dePeau deGenre par le souffleArrogant d’être prétendument fortEtUnique
Et lorsque l’écorce brûleNe reste-t-il pas que le tronc d’un os moisiRongé de honteSans peauNi ChampignonsUn tas de combustion qui peine à voirOublié des feuilles mortesDe la rosée du matinEt du soleil de l’été
Les garçons tombent s’effondrent de peine abyssaleDe pluie froide d’un hiver qui ne viendra plusL’un nie l’autreIls se heurtent à des portes closesChaque pas est scelléChaque impulsion est geléeL’inquiétude du retour de la bise noire hante le lieuChacun s’affaire joue avec son propre caca croyant être d’exception
Et puisComme une horde d’animaux qui pénètre dans l’atmosphèreSoudain des fils d’artifices épars traversent les joies des idées qui prennent formeLes étoiles éphémères portent l’espoir d’un groupe qui s’aime peut-être jamais
confié
dans le temps par l’espace
Les non-dits sont suspendusEt bientôtLes bourgeons têtes à l’envers éclatentUne goutteTombe du plafond pénètre dansLe marasme de son de voix inaudibles
Et tout le monde reste volontaire dans le bruit et la haine
L’eau se mélange à la peintureEt se diffuse couche par coucheLentementElle atteint le solDiscrètement sans provoquer d’ondes
ni de
Choc
Le jour d’aprèsLes gens s’en vontAirés à d’autres occupationsContinuer leursChants de bronze sans se soucier des couleurs qui ont séchéLaissant des tracesDe cicatrices et de mémoires enfin libérées d’entre deux mondes
Et plus jamais oubliées